Un bilan et des pistes pour se remotiver, se relancer, et faire revenir les adhérents ! 

On nous a coupé l’herbe sous le pied

Après un rapide constat que je ne peux m’empêcher de faire (pour s’en souvenir comme d’un tournant marquant, laisser une trace d’aujourd’hui pour demain), promis, viendront les idées, les sélections et les réflexions pour avancer !

La vie de chacun a été bouleversée depuis le printemps 2020, et cela dans bien des domaines. Les confinements (et autres joyeusetés, depuis ajoutées à notre vocabulaire quotidien) ont été vécus d’autant de façons qu’il y a d’êtres humains, avec nos sensibilités, nos doutes, nos motivations, nos émotions, mais aussi notre professionnalisme.

 

Les bibliothèques étaient sur le chemin du 3è lieu, puis du tiers lieu, depuis plus d’une décennie, le chemin du renouveau, de la mutation avant ce printemps bouleversé. Elles traversaient une “crise identitaire”, -déjà soulignée en 2009 par Mathilde Servet dans son mémoire de diplôme de Conservateur - et tentaient de redéfinir leurs missions, afin de passer du lieu de stockage de documents (est-il nécessaire de rappeler l'étymologie du mot bibliothèque ?) à un réel lieu de vie, d’échanges et de socialisation, un lieu où l’on se sentirait aussi bien voire mieux qu’à la maison. Tout a basculé en quelques jours : une situation inédite. Une situation qui a prouvé que les équipes, salariées ou bénévoles, étaient capables de se réinventer à une vitesse impressionnante. 

Quelques semaines ont suffi pour réécrire le quotidien, s’adapter tant bien que mal à ce nouveau contexte indésirable : vitre, gel hydroalcoolique, masques, visières, quarantaine, site de référence où puiser toutes les informations liées à la crise sanitaire,... Les efforts des personnels des bibliothèques, des associations professionnelles ont été exemplaires. Le “Click & Collect” s’est imposé, alors que le portage à domicile se remettait également à fonctionner, les ressources numériques ont connu leurs heures de gloire avec un pic d’inscriptions jamais enregistré et un site de référence (Biblio Covid) a rapidement vu le jour pour centraliser les informations propres à nos métiers. 

Difficile dans cette situation de fédérer les habitants, les usagers des bibliothèques autour de projets culturels communs. La bibliothèque est, malgré nos réticences, redevenue ce lieu de stockage. On y passe pour récupérer sa commande et on repart. Bien que cette alternative soit louable, le lien se délite.

Les affamé.e.s de lecture sont encore au rendez-vous, mais les prêts de DVD chutent sévèrement, les plateformes de streaming et de vidéo à la demande s’emparent de ce public. 1 an et demi après l’arrivée de ce virus dans nos vies, les bibliothèques des milieux ruraux voient leur nombre d’inscrits diminuer dangereusement, des bénévoles sont épuisé.e.s, et parfois après 40 ans de bénévolat, c’est le couperet final, l’occasion d’arrêter. Il est difficile de patienter jusqu’au retour des visiteurs, de se remotiver à faire des animations quand on a dû annuler, déplacer, réinventer ou maintenant contrôler. Sans aucune vision à long terme, comment mener des projets à bien sans s’épuiser et sans perdre pied ?

Saviez-vous que le surf, c’est 5% de surf pour 95% de rame ? Alors comme le surfeur sur sa vague, il va falloir savoir ramer pour y arriver... patienter, attendre le bon moment pour se lancer, et quand c’est le moment y aller à fond ! Parfois, il sera trop tôt (oh, un couvre-feu !), parfois trop tard (oh, un confinement !), mais avec un peu de chance et de travail, on tombe dans une bonne période et la joie de retrouver le public, de faire revivre nos lieux vaut toutes les galères passées.

Se relever de terre

Il n’est pas nécessaire de rappeler à quel point notre métier a évolué en quelques décennies (nous sommes quand même passés des gants blancs pour manipuler les livres aux bébés qui les mâchouillent en une fraction de seconde sur l’échelle de l’univers). Les concerné.e.s ont su rebondir, changer, ou remonter à la surface après une gamelle (on a toutes et tous connu une animation qui fait un gros flop alors qu’on y croyait fort et que l’affiche était sympa !).

Saviez-vous qu’en chinois mandarin, le mot Weiji« crise » 危 机 est composé de deux idéogrammes : le premier signifie Wei « danger » et le second, Ji « opportunité, occasion ». Même s’il n’est pas toujours aisé de s’en rendre compte lorsque l’on est au cœur du tourment, nous avons un rôle crucial à jouer dans la partie pour en ressortir grandis, pour fédérer, pour avancer, pour relancer les débats, pour faire revivre la citoyenneté, les communautés.

Le numérique a pallié au manque de lien physique : formations, visioconférences, présentations des sorties de la rentrée littéraire... Toutes et tous avons dû “nous y mettre” afin de pouvoir continuer à nous former, nous informer, nous contacter, travailler tout simplement. Du côté des abonné.e.s, de l’accès aux collections, nous l’avons dit plus haut, les ressources numériques ont joué un rôle important durant cette période. Les prêts de documents physiques ont certes diminué en 2020, mais les ressources numériques (proposées par les médiathèques départementales, municipales ou mises en ligne gratuitement par les éditeurs/distributeurs) ont connu un attrait sans précédent, permettant aux usagers de continuer à s’informer, lire, écouter, voir des films, s’amuser, découvrir. La culture n’a-t-elle pas été un vrai refuge pour beaucoup d’entre nous lors de ces périodes difficiles ? D’ailleurs, si vous n’avez toujours pas de compte, faites-vous une idée par vous-même des contenus et de l’intérêt d’une telle offre : Clics en bib : une alternative culturelle en ligne !

Bien sûr, il a ses limites (et je ne parle pas ici des problèmes de connexions, parfois catastrophiques selon notre emplacement géographique). Pour ne pas paraphraser ce que Claude Poissenot dit très bien, je vais simplement le citer : “Le numérique permet la maîtrise de l’interaction. Il est toujours possible de se déconnecter ou de quitter un échange. Les interactions physiques sont plus impliquantes et sont l’occasion de frottements qui participent à la construction d’un monde commun. Un espace public matériel est indispensable pour faire société. La solidarité ne se décrète pas, elle se construit par la fréquentation de lieux publics et par le partage d’émotions et de valeurs communes dans des instants vécus ensemble. La bibliothèque n’est pas une cerise sur le gâteau des politiques publiques, elle participe à la construction de la collectivité locale. Les bibliothécaires ont la noble tâche de mettre ensemble, dans la paix mais pas sans débats, des individus qui se pensent autonomes." (Source : Etre bibliothécaire après la crise sanitaire | Livres Hebdo ). Alors à nous de faire revenir la fréquentation dans nos lieux publics, même tous petits, c’est crucial pour l’avenir de notre société.

 

Mais concrètement, on fait comment ?

Déjà, gardons ce qui a fonctionné pendant cette période. Vous avez lancé le portage à domicile ou il a connu un regain d’intérêt dans votre commune ? Faites-en la promotion : les personnes âgées, à mobilité réduite (temporaire ou non) qui ne peuvent se rendre dans votre structure vous remercieront (covid ou pas covid !). Vous pouvez également relancez le partenariat avec l’EHPAD le plus proche de votre structure afin d’y déposer des documents, proposer des expositions ou apporter des malles de jeux de société, des consoles de jeux vidéo lors d’animations ponctuelles,… (découvrez tous nos supports d’animations : Animez votre bibliothèque ). D’ailleurs, la Nintendo Switch a déjà débarqué, pensez à la réserver auprès de Vincent Ballet.

La quarantaine n’est déjà plus qu’un lointain souvenir (et heureusement), mais le “Prêt à emporter”, “Click & Collect” (le retrait des réservations faites en ligne depuis le catalogue de la bibliothèque, peu importe le nom que ce service porte), lui, a surement encore de beaux jours devant lui. L’échange avec l’utilisateur est réduit mais il existe bien. 

C’est aussi le moment pour monter de nouveaux projets, de rebooster la communication, de recruter de nouveaux bénévoles, ou d’enfin proposer des animations que vous n’aviez jamais osé faire !

Besoin d’un coup de boost pour vous remonter le moral avant de vous lancer ?

Pas facile de garder l’envie, la bonne humeur face aux nouvelles obligations... Alors, pour vous remonter le moral, une petite sélection de films qui redonnent le sourire ! Vous pouvez évidemment les empruntez et les prêter dans vos structures, le sourire, c’est communicatif paraît-il : Feel good movies !

Et en bonus : une playlist pleine d’énergie !

S’inspirer les uns des autres : lumière sur des initiatives hors du commun

Après tout ça, vous avez quand même envie de tout plaquer ? Avant de devenir autonomes et de vivre reclu.e.s dans la campagne charentaise maritime (ou ailleurs) entouré.e.s de votre potager en permaculture et de vos poules (Recherche "Permaculture" ou encore Herbage, jardinage, binage et désherbage),... découvrez des initiatives un peu dingues, au service de la culture comme Kannjawou, le voilier-bibliothèque :

Côté librairies insolites : l’une sur l’eau, l’autre sur les rails : Péniche café librairie "L'eau et les rêves" , La Caverne aux livres : une librairie dans un wagon de 1930 | Livres Hebdo

La médiation animale, ça vous parle ? Après tout ce tumulte et ce manque de contact, quoi de mieux qu’un câlin autour d’un bouquin pour se sentir plus serein ! Des chats en bibliothèque, des chiens pour des lectures hors normes, câlines et reposantes. L’animal est vecteur de lien social (les propriétaires de chiots savent bien à quel point le contact humain est facilité lors des promenades !), l’animal rassure (de nombreux projets voient le jour en maisons de retraite, dans les hôpitaux, avec des lapins, des cochons d’Inde, des oiseaux ou parfois même des poneys !). Des associations existent autour de vous et dans les départements limitrophes, n’hésitez pas à vous renseigner.    

Un article complet sur le sujet : Médiation animale en bibliothèque | Enssib

Contre le stress et la solitude, des chiens à brosser et câliner en bibliothèque (actualitte.com)

Enfin, on sait que la crise n’est pas seulement sanitaire, politique, sociale... elle est aussi environnementale. Le changement doit aussi passer par les médiathèques, et il est urgent. La France n’étant pas vraiment 1ère de la classe en la matière, inspirons-nous des voisins : Les bibliothèques les plus “vertes” de l'année se trouvent au Canada et en Finlande (actualitte.com). Nous pouvons, chacun à notre échelle, mettre des actions en place et sensibiliser le public sur ces questions. Commençons par la médiation et les collections, voici des sélections proposées par Nelly :

Docs jeunesse - Apiculture et abeilles

Les jeunes et la planète !

Vous voulez savoir si votre bibliothèque est sur la voie du développement durable ? Vous connaissez les grands objectifs du développement durable de l’ONU ? C’est ici que ça se passe : Libraryscience.de/fr/calculateur. Vous pourrez aussi y trouver des idées de thématiques pour vos prochaines expositions, ateliers, rencontres, sélections de documents. Il y a matière, et oui, nous parlons bien d’objectifs pour changer le monde. Et si ça commençait par les bibliothèques ? C’est ce que soutient notamment Christine Mackenzie, la présidente de l’IFLA : “Lors de la session dédiée au réchauffement climatique, les intervenants gouvernementaux, de la société civile et activistes ont dit à quel point les bibliothèques pouvaient devenir des hubs qui soutiennent les changements de comportements et poussent à des réformes politiques. Surtout aujourd’hui, vu l’urgence climatique et le rapport alarmant du Giec, paru au début du mois. La réussite de ces partenariats n’est plus une option pour les bibliothèques. C’est un devoir.” (Source : Livres Hebdo, article de Fanny Guyomard  du 24.08.2021). 

En bonus, une petite sélection de films et de ressources numériques qui peuvent vous aider à faire bouger les lignes, lancer des débats, ou projeter un documentaires pourquoi pas (toutes les infos concernant les droits liés aux projections publiques).

Nous avons détecté une activité suspecte. Veuillez cliquer ici pour poursuivre.

 

Les fake news (ou fausses informations) circulent depuis de nombreuses années, mais à l’heure de la pandémie, du vaccin, du pass sanitaire et autres, elles sont de plus en plus présentes et font des dégâts. Le rôle des bibliothèques dans la lutte contre la désinformation n’est plus à justifier mais il faut s’en saisir, relancer les débats et aider les citoyens à s’y retrouver. 

On vous en parlait déjà sur le portail de la MD17 : Les ateliers fake news

Le CLEMI (Centre pour l’Education aux Médias et à l’Information) propose de nombreuses ressources pour vous aider. Un exemple d’atelier avec les voyageurs du numérique : Atelier créer sa propre Fake news. Vous ne connaissez pas les voyageurs du numérique ? Découvrez en cliquant ici : la charte pour un numérique inclusif.

Le Covid n’échappe pas aux fake news, nous avons aussi un rôle important à jouer : Fake News à l'heure de la covid 19

Privilégier les moments de partages 

Lectures, soirées jeux (de société ou vidéo), clubs de lecture (ils ont à nouveau le vent en poupe depuis quelques années !) ou ateliers d’écriture, projections suivies de débats, concerts, escape game,… tout ce que ces évènements ont en commun c’est le partage. Vivre un moment d’émotions et d’échanges, voilà ce qui manquait tant à nos vies. Alors à vous de jouer ! Si vous avez besoin de matériel ou d'aide, c'est ici : Malles de jeux et Jeux vidéo.

Il n’y a pas de petites actions

Chacun à notre échelle pouvons agir. Vous n’avez pas ou peu de budget, pas de matériel ? La MD17 est là pour vous accompagner, vos référents de territoire sont des personnes ressources pour vous guider et une mine d’infos se trouve sur ce portail.

Pour terminer avec le sourire, je vous invite à faire un tour sur le compte TikTok de la BMI d’Epinal qui a su, même dans les pires moments, faire rire de toutes les situations ! 

Céline 

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